Erasmus+14 mai 2026 · 10 min de lecture

KA1 ou KA2 Erasmus+ : quelle action choisir pour votre organisation ?

En 2026, la plupart des organisations qui veulent entrer dans Erasmus+ se heurtent rapidement à la même question : faut-il viser la KA1 ou la KA2 ? Le doute est logique, car ces deux actions financent des projets très différents. L'une sert avant tout à organiser des mobilités pour des apprenants, des enseignants, des professionnels ou des jeunes. L'autre finance des projets de coopération entre plusieurs structures qui veulent produire des méthodes, des outils, des formations ou des résultats transférables à l'échelle européenne. Choisir la mauvaise porte d'entrée fait perdre du temps, fragilise le budget et conduit souvent à un dossier moins convaincant. L'objectif de cet article est donc simple : vous aider à décider, sans jargon inutile, quelle action Erasmus+ correspond réellement à votre organisation.

Erasmus+ en 2026 : deux grandes voies de financement

Pour simplifier, on peut résumer ainsi : la KA1 finance la mobilité de personnes ; la KA2 finance la coopération entre organisations. Les deux relèvent du même programme, mais elles ne répondent pas aux mêmes intentions stratégiques. Si votre priorité est de faire partir des apprenants, d'envoyer des personnels en formation, d'organiser du job shadowing ou d'accueillir des participants, vous êtes probablement dans une logique KA1. Si votre objectif est de construire un partenariat européen, de produire un livrable commun et de travailler avec des partenaires sur 12 à 36 mois, vous êtes plus proche de la KA2.

Si vous avez besoin d'une vue d'ensemble sur le programme, les règles de base et les montants 2026, commencez aussi par notre article Comment financer un projet Erasmus+ en 2026.

KA1 — La mobilité individuelle

La KA1 est l'action la plus intuitive pour une organisation qui débute. Elle permet de financer des expériences d'apprentissage ou de développement professionnel à l'étranger. Dans la pratique, c'est souvent la meilleure porte d'entrée pour tester Erasmus+ avec un projet concret, limité et directement utile aux bénéficiaires.

Qui peut candidater ?

Selon le secteur, la candidature peut être portée par des écoles, des organismes de formation professionnelle, des structures d'éducation des adultes, des organisations de jeunesse, des universités ou d'autres structures actives dans l'apprentissage. La logique reste la même : ce n'est généralement pas l'individu qui dépose, mais l'organisation qui construit le projet de mobilité, sélectionne les participants et gère la subvention.

  • Écoles, collèges, lycées, centres de formation et CFA
  • Universités et établissements d'enseignement supérieur
  • Associations, ONG et structures jeunesse
  • Organismes d'éducation des adultes, bibliothèques, centres sociaux, acteurs de l'inclusion

Exemples de projets finançables

La KA1 finance des activités très concrètes, directement liées à l'apprentissage ou au développement des équipes.

  • Des enseignants partent en job shadowing ou en cours structurés dans un autre pays européen
  • Des apprenants en formation professionnelle réalisent une mobilité de stage à l'étranger
  • Un lycée organise une mobilité de groupe pour ses élèves avec un établissement partenaire
  • Une structure jeunesse met en place un échange ou une activité de développement professionnel pour ses animateurs

Montants indicatifs (simplifié)

Le budget KA1 n'est pas un forfait unique. Il repose sur des coûts unitaires, avec des montants qui varient selon le secteur, la destination, la distance et le profil des participants. Pour prendre une décision rapide, retenez surtout les ordres de grandeur suivants :

  • Mobilité d'apprenants en VET : environ 36 à 127 EUR par jour selon le groupe de pays et la durée
  • Mobilité de personnels : environ 71 à 191 EUR par jour selon le secteur et le pays d'accueil
  • Voyage : forfait de 28 EUR à 1 735 EUR selon la distance, avec majoration possible en green travel
  • Soutien organisationnel : souvent 350 EUR par participant, et 500 EUR pour certaines mobilités longues ErasmusPro

Ces montants doivent toujours être confirmés auprès de votre agence nationale, mais ils suffisent pour comprendre un point essentiel : en KA1, le budget suit d'abord le nombre de mobilités, les profils des participants et la géographie du projet, pas un forfait global choisi à l'avance.

Points forts et limites

Le grand avantage de la KA1 est sa lisibilité. Si vous avez un besoin clair de mobilité, l'action est rapide à expliquer, les résultats attendus sont concrets et le premier niveau d'entrée est souvent plus accessible que la KA2. C'est aussi une bonne action pour structurer une stratégie d'internationalisation progressive. En revanche, la KA1 n'est pas le bon cadre si votre priorité est de co-produire une méthode, un outil pédagogique, une plateforme, un parcours de formation ou un livrable collectif avec plusieurs partenaires. Elle transforme des personnes et des pratiques ; elle n'est pas pensée d'abord comme un projet de production partenariale.

KA2 — Les partenariats et projets collectifs

La KA2 devient pertinente dès que votre ambition dépasse la mobilité de personnes. Ici, l'enjeu est de travailler avec d'autres organisations sur un besoin commun, avec une vraie logique de consortium, de plan de travail et de livrables. C'est l'action adaptée si vous voulez construire un projet européen à plusieurs voix, avec une valeur ajoutée transnationale forte.

Qui peut candidater ?

La KA2 s'adresse à une grande diversité d'organisations : associations, écoles, universités, collectivités, organismes de formation, structures d'insertion, acteurs jeunesse ou sport. Ce qui change n'est pas tant le profil juridique que la capacité à coopérer dans un partenariat crédible. En pratique, il faut des partenaires complémentaires et un chef de file capable de coordonner la rédaction, la gouvernance et la livraison.

  • Partenariat à petite échelle : minimum 2 organisations de 2 pays différents
  • Partenariat de coopération : minimum 3 organisations de 3 pays différents
  • Le porteur doit être établi dans un pays éligible au programme concerné
  • Chaque partenaire doit avoir un rôle réel, identifiable et cohérent avec les résultats attendus

Types : petite échelle (30k/60k) vs coopération (120k/250k/400k)

En 2026, le modèle budgétaire KA2 est beaucoup plus simple qu'autrefois. Les petits partenariats fonctionnent avec deux forfaits, 30 000 EUR ou 60 000 EUR. Les partenariats de coopération fonctionnent avec trois forfaits, 120 000 EUR, 250 000 EUR ou 400 000 EUR. Cela ne signifie pas que la gestion est légère : vous devez justifier un plan de travail crédible, des lots de travail cohérents et des livrables réalistes. Mais vous ne construisez plus une addition de micro-postes budgétaires comme dans les anciennes versions du programme.

Le format à petite échelle est le plus pertinent pour un premier projet collaboratif européen, surtout si votre consortium est réduit et si vous visez un impact ciblé. Le partenariat de coopération est préférable si vous avez déjà un réseau solide, une ambition plus large et une capacité de coordination réelle sur 12 à 36 mois.

Exemples concrets

Voici le type de projets qui relèvent naturellement de la KA2 :

  • Trois organismes de formation co-développent un parcours certifiant sur les compétences vertes
  • Deux associations conçoivent un kit pédagogique et une méthodologie d'accompagnement pour des jeunes éloignés de la mobilité
  • Un consortium école-université-collectivité crée des outils communs pour améliorer l'orientation européenne des apprenants
  • Plusieurs partenaires conçoivent, testent et diffusent des ressources de formation réutilisables dans plusieurs pays

Points forts et limites

La KA2 est puissante parce qu'elle finance la coopération elle-même. Elle permet de créer des résultats visibles, de structurer un réseau européen, de répartir les rôles et de bâtir un projet avec une portée plus systémique. C'est souvent la bonne action pour une organisation qui veut monter en gamme. En contrepartie, elle demande plus de méthode : trouver les bons partenaires, aligner les attentes, définir des work packages crédibles, prévoir la gouvernance et la diffusion. Pour un primo-candidat sans réseau ni temps de coordination, une KA2 trop ambitieuse devient vite fragile.

Tableau comparatif KA1 vs KA2

CritèreKA1KA2
Objectif principalFaire apprendre, former ou professionnaliser des individus via la mobilitéProduire un projet collectif, des méthodes, outils ou résultats communs entre organisations
Durée typiqueSouvent 6 à 18 mois pour les formats d'entrée simples selon le secteur12 à 24 mois en petite échelle ; 12 à 36 mois en coopération
BudgetCoûts unitaires variables selon participants, durée, distance et paysForfaits fixes : 30k ou 60k ; 120k, 250k ou 400k
Partenaires requisPas de consortium minimal comparable à la KA2, même si des structures d'accueil sont impliquéesMinimum 2 organisations dans 2 pays ou 3 organisations dans 3 pays selon le format
Public cibleApprenants, enseignants, personnels, jeunes, animateurs, adultes en formationOrganisations, équipes-projet, partenaires, publics bénéficiaires indirects
Complexité de montagePlus simple à cadrer pour un premier projetPlus exigeante en coordination, gouvernance et logique d'impact

Lecture rapide : KA1 finance surtout des parcours de mobilité ; KA2 finance surtout une coopération structurée avec livrables.

Comment choisir ? — Arbre de décision simple

Pour éviter les hésitations inutiles, partez de l'objectif réel du projet et non du montant que vous espérez obtenir. Voici une grille simple.

  1. 1Votre besoin principal est-il de faire partir, accueillir ou former des personnes à l'étranger ? Si oui, commencez par la KA1.
  2. 2Votre besoin principal est-il de construire un résultat commun avec d'autres organisations européennes ? Si oui, vous êtes dans une logique KA2.
  3. 3Vous n'avez pas encore de consortium solide ni d'expérience Erasmus+ ? Privilégiez la KA1 ou une KA2 à petite échelle avant un grand partenariat de coopération.
  4. 4Votre valeur ajoutée repose surtout sur des apprentissages individuels mesurables ? Penchez vers la KA1. Votre valeur ajoutée repose sur un outil, une méthode ou un changement organisationnel partagé ? Penchez vers la KA2.

En résumé, choisissez la KA1 si vous voulez créer un premier projet utile, visible et rapidement compréhensible autour de mobilités. Choisissez la KA2 si vous avez déjà une problématique commune à traiter avec des partenaires européens et la capacité d'en piloter la coopération. Le bon choix n'est donc pas le plus prestigieux : c'est celui qui correspond au niveau de maturité de votre organisation.

Conclusion : choisissez l'action qui sert votre projet, pas l'inverse

La meilleure candidature Erasmus+ n'est pas celle qui vise le plus gros budget. C'est celle qui articule correctement besoin, action choisie, capacité interne et impact attendu. Pour beaucoup d'organisations, la KA1 est la voie la plus pragmatique pour entrer dans Erasmus+. Pour d'autres, la KA2 est le bon levier pour structurer un partenariat européen et produire des résultats durables. L'essentiel est de ne pas forcer un projet de mobilité dans une logique de coopération, ni l'inverse.

Si vous préparez votre stratégie Erasmus+ 2026, vous pouvez aussi approfondir les étapes de candidature, les erreurs à éviter et les logiques budgétaires dans notre article Comment financer un projet Erasmus+ en 2026.

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